Seiko 6139 – 6002 du Colonel William Pogue, la première montre automatique a avoir été dans l’espace

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Si l’Omega Speedmaster a été la seule montre a avoir été sur la lune, elle ne fut pas la seule à avoir été dans l’espace. En fait, Il y en a eu même un paquet. A tel point que l’on pourrait même se demander si l’absence de gravité ne serait-elle pas bénéfique au fonctionnement des montres mécaniques. 

Après vous avoir présenté la Glycine Airman, si vous êtes toujours à la recherche d’une toolwatch d’astronaute, voici un autre chronographe initialement conçu pour le bitume et qui a acquis ses lettres de noblesse dans l’espace.

Si les montres mécaniques ne semblent pas craindre l’apesanteur, sur le papier, une montre automatique peut en revanche dysfonctionner dans l’espace puisque c’est le poids de la masse oscillante qui assure le remontage du calibre. 

Dans les années 80, le trophée de la première montre automatique a avoir été dans l’espace revenait à la Sinn 140 portée par l’astronaute allemand Reinhard Furrer durant les missions Spacelab D1 en 1985 (assez tard finalement). Jusqu’à ce qu’en 2007 où un amateur éclairé nommé David Bruno découvre sur une photo une Seiko 6139 au poignet du Colonel William Pogue de la NASA lors des missions Skylab 4 en 1973, soit 12 ans avant la Sinn 140.

Crédit photo : MartinCRC@tz-uk-com

Crédit photo : MartinCRC@tz-uk-com

Perspicace et tenace, David Bruno s’est décidé de vérifier sa thèse en écrivant une lettre au Colonel Pogue. Ce dernier, à la retraite en 2008, finit par lui répondre et avouer, qu’en effet, il avait emporté dans ses effets personnels ce chronographe Japonais non agréé par la NASA, en complément de la très officielle Omega Speedmaster. Il confirma en outre que sa Seiko 6139 avait parfaitement rempli sa tâche tant lors des entrainements sur terre ainsi que pendant de son séjour dans l’espace, même si elle n’a jamais été utilisée lors des sorties mais uniquement à l’intérieur de la capsule.

Enfin, il conclue en disant que le système de remontage automatique par la masse oscillante a, elle aussi, parfaitement fonctionné, et ce même en absence de pesanteur. N’oublions pas que la 6139 comme la plupart des automatique de Seiko, ne pouvait être remontée manuellement avec la couronne.

Je l’ai trouvée très pratique pour chronométrer la combustion des moteurs…

– William R. Pogue

De bonne taille (41mm), la Seiko 6139 est une montre réputée très solide et fiable qui a été produite à grande échelle entre 1969 et 1979. Pendant très longtemps le modèle le plus recherché fut le modèle à cadran bleu (6139-6009) reconnaissable à sa célèbre lunette «Pepsi». Mais depuis la découverte de la 6139-6002 dite «Pogue» la version avec le cadran doré est devenue la plus convoitée des collectionneurs.

La Seiko 6139 6002 originale de William Pogue Vendue Sur Ebay en 2008

A l’époque de cette découverte, William Pogue a lui-même mis en vente sur Ebay son fameux exemplaire personnel qui s’est vendu à près de 6000 dollars, et a versé la somme de la vente en faveur d’une oeuvre caritative.

Malgré cet engouement, la 6139 est restée une montre très bon marché. On en trouve encore très facilement, en bon état, pour moins de 300-400 euros. A ce prix vous vous payez une montre qui a participé à l’histoire des programmes spatiaux. Peut être pas la plus célèbre, certes ; mais la plus funky, sans aucun doute !

 

Pour aller plus loin :

Revue et guide d’achat complet de la Seiko 6139

Sur le même sujet : Les montres ayant été dans l’espace

 

Seiko 6139-6009, un autre chronographe initialement conçu pour le bitume et qui a acquis finalement ses lettres de noblesse dans l’espace

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Réponse du Colonel William Pogue à David Bruno (Copyright David Bruno)

Réponse du Colonel William Pogue à David Bruno (Copyright David Bruno)

 

 

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