Le retour de l’emblématique Lip Nautic Ski de Eric Tabarly (réédition 2014)

tabarly bardot lip nautic ski

Il y a à peu près un an apparaissait sur le blog de la marque Lip un post assez intrigant qui avait pour titre : «Votez pour la future Lip Nautic».

Cet article invitait les lecteurs à choisir parmi 3 modèles vintage de la plongeuse emblématique de Besançon. Outre le vote, le lecteur était invité à commenter et à donner avis et préférences quant au calibre et bracelet qu’il aimerait voir sur cette montre.

Sans que l’idée de la réédition ne soit explicitement évoquée, il était évident que ce sondage avait pour but de tester la demande, voire plus si affinité.

Vu le nombre de commentaires publiés sur la page de l’article, il est incontestable que ce qui devait être un simple test au départ, soit transformé, petit à petit, en réel plébiscite pour la réédition de la Lip Nautic.

Vous l’avez rêvé ? Lip l’a fait : c’est ainsi qu’il y a à peu près un mois, apparaissait ce teaser qui annonçait l’arrivée imminente de cette réédition pour novembre 2014. 

Un indice supplémentaire sa cache dans ce mini clip : le titre de la chanson qui sert de bande son est «Born to be blue»…

Alors cadran noir, gris ou bleu ? Mouvement quartz ou mécanique, manuelle ou automatique ? Les spéculations vont bon train et chacun retient son souffle n’osant toujours pas  y croire. Le suspens savamment orchestré ne devrait plus durer très longtemps. Le temps pour nous de revenir quelques instants sur la version originale de cette montre qui fait partie des plongeuses les plus aimées de l’horlogerie française.

Produite en 1967, la Lip Nautic Ski se revendiquait comme étant la première montre française étanche à 200m. Au passage, remarquons que 4 ans auparavant naissait déjà la Yema Superman étanche à 300m… 

La Lip Nautic Ski ne sera véritablement lancée qu’en 1968, année durant laquelle Lip et Omega seront choisis pour être les chronométreurs officiels des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble.

L’apellation «Nautic» de cette montre provient de son célèbre boîtier Super Compressor fabriqué par l’entreprise E. Piquerez SA (EPSA) connue pour avoir créé le boîtier de la Heuer Monaco ou encore de l’Enicar Sherpa Graph

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Ce boîtier était très populaire à l’époque car il avait la particularité de proposer une lunette tournante située à l’intérieur. Cette lunette interne avait pour but d’éviter ainsi les accidents de faux mouvements sur la lunette externe traditionnelle. L’un des signes distinctifs de ce boîtier était ses deux fameuses couronnes striées : une pour régler l’heure, l’autre pour faire tourner la lunette interne. Ce boîtier était très largement utilisé par les plongeuses de l’époque allant de Universal Genève à IWC en passant par Longines, Hamilton ou encore Jeager Lecoultre….

Le boîtier Super Compressor de la Lip Nautic rendait cette montre extrêmement fiable sur et sous l’eau. Sa légitimité n’a rien à envier aux plus grandes ; elle sera notamment utilisée par Eric Tabarly et l’équipe du commandant Cousteau. Difficile de faire plus exigeant.

La Lip Nautic Ski est le successeur de la Lip Nautic (sans Ski) qui est d’abord apparue avec un mouvement mécanique à remontage manuel (R017) puis automatique (R153). Elle se distingue de ses prédécesseurs par son mouvement électro-mécanique (R148) signalé par le symbole de l’éclair sur le cadran.

Lip Nautic Ski avec son mouvement électo-mécanique R148

Lip Nautic Ski avec son mouvement électo-mécanique R148 (crédit photo corsaire75@Fam)

Pour faire simple, le R148 était un mouvement mécanique à 13 rubis dont l’oscillation du balancier était entretenue électromagnetiquement par un fil de contact et une pile. 

A une époque où le marché des montres mécaniques commençait à s’essouffler, et juste avant l’avènement du quartz venu d’Asie : ce mouvement était la réponse française à l’invention outre atlantique du mouvement à diapason nommé Accutron de Bulova.

Au même titre que la Yema Superman, la Lip Nautic représente l’âge d’or et le fleuron de l’horlogerie Française à une époque où on fabriquait encore des montres à Besançon.
A la veille de sa réédition, sa côte d’amour n’a jamais été aussi grande auprès des nostalgiques de la marque.
Aussi, lorsque le rideau se lèvera, les réactions ne pourront-elles être qu’excessives, dans un sens comme dans l’autre. Alea Jacta est.
Côte à côte une Lip Nautic et une Lip Nautic Ski  (Crédit photo Hervé Antoine)

Côte à côte une Lip Nautic Ski (Electronique) et une Lip Nautic (Automatique) (Crédit photo Hervé Antoine)

 

 

Pour aller plus loin :

 

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tabarly-lip nautic-2

 

Eric Tabarly et sa Lip Nautic

2 Comments

  • Répondre juin 7, 2015

    VT7769

    qui a tiré le premier en 67-68, Lip Nautic Ski ou Hamilton Cape Horn ?

    • Répondre juin 8, 2015

      Moonphase

      On est en effet dans un mouchoir de poche : Hamilton serait le premier créateur de la montre électrique mais Lip serait le premier à utiliser un composant électronique à savoir une diode pour réduire les arcs électriques. Bien pratique au demeurant 🙂

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