Omega Ranchero, une Seamaster pour gentleman farmer

Omega-ranchero-gentleman-farmer
Parmi les belles qui ont hanté mes nuits, l’Omega Ranchero n’est plus. Qu’est ce qui, finalement, rendait cette montre si cool et si désirable ? La réponse est simple : sa rareté. C’est une montre «mythique» au premier sens du terme : comprenez par là que c’est une montre dont on en entend souvent parler mais que l’on ne voit jamais…

Pourtant l’Omega Ranchero n’avait rien d’exceptionnelle pour être tant convoitée : pas de pedigree technique impressionnant, n’apparait dans aucun film, ni portée par aucune célébrité, et ne s’est fait remarquée dans aucune enchère prestigieuse…. bref, une fille somme toute assez banale perdue dans la galaxie Omega. 

Oui mais voilà, nous les amateurs de montres vintage, nous sommes des snobs. C’est comme çà, on y peut rien. On peut ignorer telle ou telle montre et être complément hystérique d’une autre à cause d’un tout petit détail insignifiant. Ces différences qui séparent la Ranchero d’une «simple» Seamaster, vous allez le voir, sont pourtant très minces…

La Ranchero c’est l’Explorer d’Omega

Rolex Explorer 1 de 1952 ( photo vintage-watches-caribbean.com)

Dès 1953, Rolex avait déjà testé le marché avec l’Explorer 1 : surfant sur ses exploits sur l’Himalaya, la marque avait lancé une montre d’aventurier en rhabillant sont Oyster d’un cadran noir «sport» et de nouvelles aiguilles mercedes. L’Explorer avait un petit air de baroudeur tout en restant habillé sans pour autant venir chasser sur les terres des Submariner et autres GMT.

Omega adopta en 1958 la même formule pour la Ranchero. Prenez une Seamaster Deville, classique parmi les classiques et son très fiable et éprouvé calibre 267 . Affublez-lui un cadran peint avec des index au tritium en forme de dents de requin. Ajoutez-lui un fond vissé, et vous obtiendrez une Seamaster sportive. Collez-lui, ensuite, des aiguilles «signature» de la marque, les fameuses Broad Arrows, que l’on retrouve sur les Railmaster ainsi que les toutes premières Seamaster et Speedmaster (1957).

Et…tada, vous avez une Ranchero : une montre de Gentleman Farmer, à la fois élégante et racée, classique et sportive à la fois.

omega-seamaster-ranchero-2990-Cal.267

Côte à côte : une Seamaster « Deville » (à gauche) et une Seamaster réf: 2990 cal. 267 (au centre) et une Ranchero (à droite)

A la même époque Ford avait utilisé aussi cette astuce marketing en créant une voiture qui portait le même nom. La Ford Ranchero était une automobile à mi-chemin entre un coupé et un pick-up, construite sur la base d’une berline (Ford Fairlaine).

Elle fut baptisée ainsi en raison de la volonté de Ford d’associer ce véhicule au style de vie de la Riviera californienne et de ses accents hispaniques. Selon la définition courante, un ranchero était un riche propriétaire terrien. Ceci n’est pas anodin car Ford voulait concevoir un véhicule destiné avant tout aux fermiers américains, désireux du côté pratique d’un pick-up, sans pour autant perdre les avantages esthétiques d’un coupé sport.

58-ford-ranchero advertising

Ford Ranchero 1958 : « a double duty beauty for work and for play ». Une voiture à la fois pour la ville et pour les champs…

Peut être à cause de ce mélange de genres, le succès commercial de l’Omega Ranchero ne fut pas au rendez-vous. Produite en 1957, sa commercialisation n’aura duré que 2 ans (1958-1959), faisant de cette montre une des plus petites productions de l’histoire d’Omega. A cela s’ajoute le fait que la majorité furent produites avec des cadrans blancs. Aussi, si vous tombez un jour sur un exemplaire avec un cadran noir, il y a 99% chance qu’il soit ce qu’on appelle une «RanchMaster», c’est à dire une fausse Ranchero retaggé à partir d’une banale Seamaster, puis revendue à prix d’or. Regardez par vous-même il y en a un paquet qui circule. Souvent les vendeurs ne savent même pas qu’ils sont en possession d’une fausse Ranchero.

ranchmaster-fake-omega-ranchero

Une « RanchMaster » : une fausse Ranchero faite à partir d’une Seamaster

Encore une fois, il n’est jamais conseillé d’acheter une montre à la place d’une autre. Mais dans ce cas précis, il vaut mieux mettre son snobisme de côté et toujours préférer l’originale à la copie. En l’occurrence, ici, l’originale n’est pas celle qu’on croit. Avis à bon entendeur…

ci-dessous : Sur le même prospectus, une Seamaster, une Railmaster et une Ranchero (photo old-omegas.com)

Sur le même prospectus, une Seamaster, une Raimaster et une ranchero (photo old-omega.com)

 

 

 

Pour aller plus loin :

L’histoire de la première Seamaster 300 sortie la même année (1957)

Be first to comment