Exposition « Montres de Chronométrie Omega » : l’épopée des pionniers de la précision

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Comme dans beaucoup de domaines, c’est de la compétition que sont nés les avancées scientifiques qui ont façonné notre environnement et notre vie quotidienne. Ces progrès techniques sont, à chaque fois, l’oeuvre d’une poignée d’hommes dont la persévérance et l’obstination ont permis à l’industrie de faire de grands bonds en avant. Sur ce blog on parle souvent de style, de glamour, de mythes, de marketing, et d’histoires horlogères en général.

Aujourd’hui nous allons rendre hommage à ces hommes de l’ombre sans lesquels l’horlogerie n’aurait pas acquis ses lettres de noblesses pour s’élever au titre de science. Cette science s’appelle la chronométrie et elle ne date pas d’hier.
Observatoire de Genève

Observatoire de Genève

Les premiers concours de chronométrie ont vu le jour à la fin du 19é siècle.  Ils étaient principalement organisés par les observatoires les plus réputés de l’époque situés à Genève, à Neuchâtel, à Besançon, et en Angleterre (Kew-Teddington). Ces compétitions avaient pour objectif de désigner la meilleure manufacture ou maître horloger parmi tous les participants. Tous étaient départagés selon un seul et unique critère : la précision. 

Les maisons horlogères engagèrent beaucoup de ressources et de temps dans ces concours. Cette quête de perfection avait une portée qui allait bien au-delà de l’aspect scientifique. Une victoire pouvait avoir des répercussions commerciales inestimables car elle permettait d’asseoir définitivement la supériorité d’une manufacture vis à vis de tous ses concurrents.

Une marque s’est durablement distinguée en survolant l’ensemble de ces compétitions. Alors que les concours de l’observatoire de Genève étaient exclusivement réservés aux maisons horlogères situées dans son canton. Omega qui s’était engagée dans la précision certifiée dès 1894, avait dû créer une succursale dans ce canton pour participer à ses concours.  Ce sera donc sous la dénomination d’«Omega Genève SA» que la manufacture de Bienne s’inscrira aux compétitions de l’observatoire de Genève.

Résultats des concours des observatoires de Genève et Neuchâtel de 1946  à 1960

Résultats des concours des observatoires de Genève et Neuchâtel de 1946 à 1960 (source : ForumAMontre)

Comme dans le sport automobile, les montres présentées lors de ces compétitions n’avaient plus rien à voir avec les montres qui étaient destinées à la vente. Les tests étaient extrêmement rigoureux et le niveau d’exigence technique très élevé. Ils poussaient les fabricants à chercher l’excellence en créant les meilleurs calibres et en les faisant préparer par leurs meilleurs experts en réglage de précision. 

Chaque mouvement était apporté nu à l’observatoire où il subissait des tests pendant 44 jours, dans 5 positions et sous 3 températures différentes (4°C, 20°C et 30°C). L’aspect esthétique n’avait pas d’importance, les cadrans étaient souvent blancs, sans décoration. Le calibre était monté sur un bloc de forme cubique pour pouvoir être posé dans les différentes positions. 

Ces compétitions se sont déroulées durant plusieurs décennies. Gottlob Ith, Alfred Jaccard, Joseph Ory et André Brielmann étaient les noms de ces illustres Maîtres-régleurs de précision qui se sont succédés pour apporter toutes ces victoires à Omega, hissant ainsi la science de la Chronométrie au rang de véritable art :

Gottlob Ith

Gottlob Ith, régleur de précision chez Omega de 1920 à 1956 © Omega SA

Gottlob Ith, régleur de précision chez Omega de 1920 à 1956 © Omega SA

1925 : Omega emporte la première place (95.9 /100 points ex aequo avec Ulysse Nardin) à l’observatoire Kew-Teddington avec le Cal. 47.7. Gottlob Ith remportera pour Omega 3 autres records en 1953 et 1954 à Genève et à Neuchâtel. Il décédera en 1956 à l’âge de 66 ans.

Alfred Jaccard

Alfred Jaccard, régleur de précision chez Omega de 1929 à 1953 © Omega SA

Alfred Jaccard, régleur de précision chez Omega de 1929 à 1953 © Omega SA

1930 : première place pour Omega (96.3 /100 points ex aequo avec Movado) à l’observatoire Kew-Teddington
1931 : première place à toutes les catégories à l’observatoire de Genève
1933 : record de précision à Kew-Teddington avec un score de 97.4/100
1936 : un autre record de précision atteint à Kew-Teddington avec un score de 97.8/100. Ce record restera imbattu jusqu’en 1965.
1937 : premier à Kew-Teddington avec un score de 97.3/100
1938 : premier à Kew-Teddington avec un score de 97.7/100
1940 : premier à Kew-Teddington avec le cal.30mm
1945 : premier à Genève avec le cal.30mm
1948 : premier à Neuchâtel avec le cal.30mm
1950 : premier à Genève avec le tourbillon cal.30l
1951/52 : premier à Genève
Alfred Jaccard décède en 1953

Joseph Ory et André Brielmann

de 1956 à 1972, 17 nouveaux records pour Omega ainsi que 6 premières places furent remportées par Joseph Ory et André Brielmann

André Brielmann (à gauche) et Joseph Ory (à droite), régleurs de précisions chez Omega de © Omega SA

André Brielmann (à gauche) et Joseph Ory (à droite), régleurs de précisions chez Omega de  1952 à 1972  © Omega SA

Même si ces compétitions ont cessé à la fin des années 60, leurs standards resteront utilisés pour les certifications chronométriques (COSC) jusqu’à nos jours.  On pouvait alors venir de très loin pour certifier des mouvements qui seront montés dans des montres vendues au grand public. C’est ainsi que vers la fin des années 60, Seiko traversera la planète pour venir concourir  à Neuchâtel et se faire certifier 226 montres qui seront vendues avec la mention «Astronomical Conservatory Chronometer Certified»

Durant tout cette période, fort de son impressionnant palmarès et de son savoir-faire capitalisé lors de ces victoires, Omega deviendra le premier et le plus important fabricant de montres «chronomètres certifiés», notamment avec son fameux modèle Constellation. 

Témoins de cette formidable épopée, certaines de ces montres emblématiques sont exposées à la boutique rue de Sèvres, à Paris, jusqu’au 24 octobre.

A travers cette exposition, on redécouvre l’histoire de la marque et on réalise l’importance des apports de ces «hommes de l’ombre» à qui cet article rend hommage.

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Omega constellation à cadran émail « Observatoire » de 1954 et la toute première Seamaster de 1948

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Omega Constellation Grand Luxe de 1958 en or rose 18 K, tour de bras à damier rembordé, médaillon « Observatoire » sur le fond.

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Infos pratiques :

Exposition « Montres de chronométrie OMEGA »
Du 15 Septembre au 24 Octobre 2014
Boutique OMEGA
12, rue de Sèvres Paris 75007
Du lundi au vendredi : 10h00 – 19h00
Le samedi : 10h00 – 19h30
 

Pour en savoir plus :

 

 

 

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