[Humeur] La montre du père

Sigmund_Freud_LIFEObjet intime par excellence, la montre du père joue souvent le rôle de lien affectif et émotionnel entre les générations. On se souvient tous de la montre de notre père, notre premier référent, notre premier héros. C’est souvent la montre du paternel qui revient lorsqu’on remonte dans notre mémoire à la recherche de nos premiers émois horlogers. C’est aussi la première montre qu’on a pu voir de près, celle qu’on a essayée en cachette sans en demander l’autorisation…

Le rôle du père revient très souvent dans la relation que les gens entretiennent avec leur montre :

Seiya Kobayashi, en toute pudeur, explique sur son site comment la Grand Seiko de 1964 de son père a bouleversé sa vie.

Benjamin Clymer (l’homme le plus cool du monde) nous relate comment son aventure a commencé depuis le jour où, encore adolescent, son grand père lui a transmis le virus avec une vieille Speedmaster…

Carmen Chaplin hérite de la montre de son grand père et lui rend hommage à travers ce film consacré à la Memovox de Charlot.

Le prince William porte désormais la Tank Cartier de sa mère Diana alors que la créatrice Isabelle Marrant porte la montre de son père (une Piaget en or) à chacun des moments importants de sa vie.

James Dean, quant à lui, attachait sa montre fétiche avec la chaîne que lui avait offert son paternel avec lequel il s’était brouillé.

Enfin, Eric Singer, batteur de Kiss et grand collectionneur de montre, a lui même été initié par la LeCoultre phase de lune de son père.

La liste pourrait être longue : célébrités, experts absolus, ou juste amateurs éclairés,

Les gardes temps que nous recevons de nos parents sont des témoins de leurs mémoires dont nous n’en sommes pas dépositaires mais juste gardiens, le temps d’une vie, avant de les transmettre à la génération suivante.

Si vous avez la chance de posséder encore la montre de votre père, peu importe son prix, celle-ci est certainement la pièce qui a la plus de valeur à vos yeux. Il y a aussi de fortes chances que ce soit elle que vous allez transmettre à vos enfants.

Si tel n’est pas le cas, alors l’immense tâche d’initier cette longue chaîne vous incombera peut être. Il vous faudra alors choisir, acquérir, et porter le garde temps que vous allez offrir à votre fils le jour de son mariage, lui expliquant quelle valeur sentimentale elle représente à vos yeux, sous entendu qu’il devra en faire de même avec son fils quand le moment sera venu.

Dans cette lourde responsabilité, vous réaliserez que ce n’est pas un placement financier, ni une oeuvre d’art que vous allez transmettre mais plutôt une montre qui vous ressemble, peut être une leçon de vie.

Pour une fois vous ne choisirez pas une montre pour sa beauté ou pour sa rareté, ni pour ses qualités techniques ou les prouesses mécaniques qu’elle renferme.

La valeur spéculative n’aura aucune importance, seule la valeur sentimentale sera votre guide.

Maintenant que nous avons dit cela, rien ne vous empêche de faire les choses autrement ! Et puisque nous sommes sur un blog horloger et que les belles montres sont notre dada, autant accomplir cet exercice avec classe et élégance. Voici donc, ci dessous une liste subjective, de quelques gardes temps que l’on aura plaisir à porter de notre vivant (tant qu’à faire) et que notre descendance se fera une joie de nous en débarrasser dès l’instant même où nous casserons notre pipe.

Pour ceux qui trouvent que nous exagérons et que nous ne devrions pas rigoler avec ces choses là, voici un témoignage très touchant larmoyant, trouvé sur un forum (non horloger) qui aurait dû nous ramener à un peu plus d’humilité….mais comme on vous l’a souvent dit, nous ne sommes pas à un paradoxe près.

En ouverture de ce post, la séquence de Pulp Fiction où Butch  (enfant) reçoit du capitaine Koons (Christopher Walken), la montre en or de son père si  précieusement conservée …. (merci à Jeremy pour cette contribution)

1 Comment

  • Répondre septembre 7, 2016

    Alain

    Bonjour,
    tout cela est bien vrai.
    J’ai perdu mon père très jeune, et il m’a laissé une Cortébert des années ’50. Je n’ai pas osé y toucher pendant des décennies, puis un jour je l’ai sortie de son tiroir, j’ai viré le bracelet métal/élastique des sixties (cette horreur qui arrache les poils du poignet…) et je l’ai montée sur un sobre nato noir qui la fait ressortir. Comme toute bonne Cortébert, après 40 ans d’inaction elle est repartie comme si de rien n’était, et aujourd’hui je la porte essentiellement les week-ends.
    Il lui faudrait une petite restauration cosmétique et un réglage du spirofix, mais rien ne presse…

    Cordialement.

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