2017, retour de la Railmaster ? Genèse et histoire de la plus méconnue de la trilogie Omega

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A peine sorti de ma torpeur hivernale, le temps de remonter ma montre et nous voici déjà en 2017. Cette année, Omega fêtera en grandes pompes l’anniversaire de sa trilogie. Une saga commencée il y a 60 ans, date à laquelle ils eurent l’idée géniale de lancer simultanément 3 toolwatches qui deviendront les pierres angulaires de leur histoire.

Au moment où j’écris cet article, personne ne sait encore ce que Bienne nous a réservé pour ces festivités. Pour patienter, et comme nous l’avons fait pour la Seamaster 300 et la Globemaster, revenons sur la genèse de la Railmaster, une montre finalement assez méconnue, restée dans l’ombre de ses deux illustres frères d’armes.

Anti-magnétique

Prototype Railmaster CK2777-2 (Photo Gémini 4 - omegaforums.net)

Prototype Railmaster CK2777-2 (Photo Gémini 4 – omegaforums.net)

Nous sommes en 1957, Omega décide d’investir le marché des montres techniques grâce à 3 modèles devant s’illustrer chacun dans des domaines différents : la Seamaster (CK2913), la Railmaster (CK2914) et la bien sûr la Speedmaster (CK2915).

La Railmaster avait pour objectif de reconquérir la niche des montres anti-magnétiques supérieures à 1000 gauss (0,1 Tesla) où s’étaient déjà installés ses principaux concurrents comme IWC avec l’Ingénieur (1955),Rolex avec la Millgauss (1956), suivis l’année d’après par Jaeger-LeCoultre avec la Geophysic (1958).

Comme son nom l’indique, la Railmaster tire son origine des besoins des techniciens des chemins de fer qui travaillaient à proximité de postes électriques à très hautes tensions. A ne pas confondre avec la version « Railroad Official Standard », la Railmaster est en fait l’aboutissement d’un prototype anti-magnétique, créé dès 1955, à partir d’un modèle militaire conçu pour la  RAF (CK 2777-2).

A partir d’un boitier de 37,5mm commun aux 3 montres, dessiné par Hugue Baillod et fabriqué par Hugenin Frères (lire l’histoire ici), la Railmaster CK2914 consistait en un calibre à remontage manuel en cuivre,  enfermé dans un caisson en fer doux (MuMetal), lui-même pris en sandwich par un cadran d’un millimètre d’épaisseur (par opposition aux 0,4mm habituels) et d’un cache poussière lui même en fer doux. Cet assemblage faisait office de cage de Faraday ayant pour objectif de protéger les organes sensibles contre les ondes électro-magnétiques. Pour compléter, Une couronne Naïade permet à l’ensemble de rester étanche jusqu’à 60m.

Caisson en MuMetal et cadran de 1mm (photo : tonio212 - watchlead.com)

Caisson en MuMetal et cadran de 1mm (photo : tonio212 – watchlead.com)

Variantes

Durant sa très courte carrière (1957-1963, ce qui fait d’elle l’une des Omega les plus recherchées), la Railmaster a été successivement motorisée par les calibres 284, 285 puis 286, et déclinée en 4 versions qui se différencient par leur set d’aiguilles : Dauphine sur l’heure et les minutes, aiguilles bâtons sur l’heure et les minutes, Broad Arrow sur l’heure et Dauphine sur les minutes …

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… et enfin une version très rare avec Dauphine sur l’heure et Broad Arrow sur les minutes (photo Instagram ci-dessous).

Le cadran de la Railmaster reprend celui de la Seamaster CK2913, avec ses index en dents de requin, son marquage 3/6/9/12 et la signature Railmaster apposée à 6 heures. Une version plus rare est proposée avec le nom « Railmaster » écrit avec un typo « edwardienne » (à l’anglaise) par opposition à la typo « égyptienne » comme sur la majorité des modèles. Cette version est quasiment introuvable. Cette montre est visible dans la bible Omega mais je cherche encore la photo …

Seamaster P.A.F. …

Enfin, si on veut aller vers le Graal de la Railmaster, il existerait 2 versions militaires de cette montre qui sont tellement rares que la marque elle-même reconnaitrait leur légitimité que du bout des lèvres.  La première est la version rebaptisée Seamaster, une série spéciale de 277 exemplaires livrés au début des années 60 à l’armée de l’air pakistanaise, frappés au dos des inscriptions “P.A.F.” pour « Pakistani Air Force ».

 

… et Flightmaster F.A.P.

L’autre version (plus rare) est celle portant l’inscription « Flightmaster », commandée par l’armée de l’air péruvienne et frappée du marquage “F.A.P.” pour « Fuerza Aerea Peruana ». Quelques centaines seulement de ces montres ont été commandées mais aucune d’entre elles n’a finalement été affectée aux pilotes péruviens.

Encore plus rare ?

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Un vendeur français aurait mis la main sur une version qui pourrait bien être la version intermédiaire entre le prototype CK2777 de la RAF et la version définitive de 1957. Cette montre qui arbore un cadran avec 12 index en chiffres aurait été obtenue contre une bouteille de Vodka … (l’histoire et la montre est disponible ici)

2017 un retour logique ?

Dans les années 2000, la Railmaster avait déjà fait un bref retour pour ensuite disparaitre définitivement du catalogue Omega. A la veille du 60è anniversaire de la trilogie, son retour est plus qu’attendu, au côté de la Speedmaster « First Omega In Space » et de la Seamaster 300 Master Coaxial. Avec les nouvelles certifications METAS qui portent l’exigence anti-magnétique jusqu’à 15000 Gauss (!), cela ne devrait être qu’une simple formalité du point de vue technique.
Alors, chers Messieurs du Marketing des bureaux de Bienne : la balle est dans votre camp. On vous guette, on y croit, on compte sur vous. Il ne peut en être autrement !

 

 

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railmaster-info

 

Pour aller plus loin :

7 Comments

  • Répondre janvier 25, 2017

    Fred Chrono

    Je me joins à l’appel adressé à la maison Omega : ressortez-nous une belle Railmaster dans la veine de vos dernières productions !

    J’en profite pour signaler l’existence d’une excellente revue de la Railmaster Co-Axial sur Chronographes.net 😉

  • Répondre janvier 25, 2017

    Max

    2017, l’année du trio Omega…

    On espère de belles rééditions (surtout concernant la méconnue Railmaster, que j’aime tout autant que la Ranchero Black et White dials).

    Mais ce que j’espère, c’est que la réédition ne fera pas 42mm de diamètre ! Rien n’est moins sûr…

    • Répondre janvier 26, 2017

      Moonphase

      Cher Max,

      depuis la réédition de la « Fist Omega In Space » en 39mm, devenu pour beaucoup la plus élégante des Speeds neuves, on y crois plus que jamais à une Railmaster de taille contenue ! Croisons les doigts et merci de votre passage.

  • Répondre janvier 25, 2017

    Tictalcoolique

    Mais y en a déjà eut des réédition à toutes les tailles en coaxiale..

  • Répondre janvier 25, 2017

    Pierre

    Bonjour,
    Oui pour un retour de la railmaster ( combien de fois ai-je hésité à ceder aux charmes du modèle des années 2000 avec ces index et aiguilles verdâtres ! ) , si Omega se décide, je serais bien curieux de voir le diamètre choisi , ce qui influerait sur ke choix du mouvement, 8800 ou 8900 ??
    39 mm avec un 8800 pourrait bien me faire craquer !!!!
    Merci pour cet, encore, excellent article….
    Pierre

    • Répondre janvier 26, 2017

      Moonphase

      Bonjour Pierre,

      comme je disais à Max un peu plus haut, depuis la réédition de la FOIS, la tendance serait (enfin ?) à la baisse des diamètres. Tendance qui semble être confirmée par les nouveautés du dernier SIHH. Alors oui, comme vous, j’y crois aussi aux 39mm. Qui vivra verra !

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